bassesse

bassesse [ basɛs ] n. f.
• 1120; de 1. bas
1Manque d'élévation dans les sentiments, les pensées. Spécialt Absence de dignité, de fierté. mesquinerie, servilité. Il les flatte avec bassesse. Il est d'une bassesse répugnante. « La bassesse qui le faisait être plat devant la dureté et répondre par l'insolence à la douceur » (Proust).
Caractère de ce qui est contraire à l'honneur, de ce qui fait honte. « La bassesse de certains désirs que nous avons eus et dont le souvenir nous écœure » (Renard).
2Action basse, qui fait honte. indignité, lâcheté. Rougir d'une bassesse. Spécialt Action servile. compromission, courbette, flatterie, platitude. Faire des bassesses à qqn. « L'art des bassesses et des souplesses l'avait rétabli en sa première faveur » (Saint-Simon).
⊗ CONTR. Fierté, générosité, grandeur, noblesse.

bassesse nom féminin Manque d'élévation morale : Ces paroles dénotent une grande bassesse de sentiments. Action vile, déshonorante : Commettre une bassesse.bassesse (citations) nom féminin Nicolas Boileau, dit Boileau-Despréaux Paris 1636-Paris 1711 Le vers se sent toujours des bassesses du cœur. L'Art poétique Abel Bonnard Poitiers 1883-Madrid 1968 Académie française, 1932 Il faut reconnaître que les hommes de l'aristocratie française ont presque toujours su dépenser l'argent très élégamment : ils n'ont fait de bassesses que pour en avoir. L'Argent Hachette Jules Huot de Goncourt Paris 1830-Paris 1870 et Edmond Huot de Goncourt Nancy 1822-Champrosay, Essonne, 1896 Il n'y a que deux grands courants dans l'histoire de l'humanité : la bassesse qui fait les conservateurs et l'envie qui fait les révolutionnaires. Journal Fasquelle Jules Huot de Goncourt Paris 1830-Paris 1870 et Edmond Huot de Goncourt Nancy 1822-Champrosay, Essonne, 1896 Le sceptique doit être reconnaissant aux Napoléon des progrès qu'ils ont fait faire à la bassesse humaine. Journal Fasquelle Paul Henri Thiry, baron d'Holbach Edesheim, Palatinat, 1723-Paris 1789 Personne ne rougit d'être bas à la cour. Morale universelle André Malraux Paris 1901-Créteil 1976 Il est mauvais de penser aux hommes en fonction de leurs bassesses. L'Espoir Gallimard Prosper Mérimée Paris 1803-Cannes 1870 Académie française, 1844 Il n'y a rien de si laid que la bassesse dans un vieillard. Lettres, à Mme de Montijo, 8 octobre 1847 Isaac Félix, dit André Suarès Marseille 1868-Saint-Maur-des-Fossés 1948 La bassesse est le plus sûr moyen de parvenir. Idées et visions Émile-Paul Théognis de Mégare VIe s. avant J.-C. Ce n'est pas sans raison, ô Richesse, que les hommes t'honorent plus que tout : tu t'accommodes si aisément de la bassesse. Élégies, I, 523-524 (traduction J. Carrière) bassesse (synonymes) nom féminin Manque d'élévation morale
Synonymes :
- dégradation
- servilité
Contraires :
- élévation
- fierté
- générosité
- magnanimité
Action vile, déshonorante
Synonymes :
- indignité
- lâcheté
Contraires :
- action d'éclat

bassesse
n. f.
d1./d Dégradation morale, absence de fierté. Bassesse de sentiments.
d2./d Action vile.

⇒BASSESSE, subst fém.
A.— Rare. [Correspond aux sens A et B de bas adj.] État de ce qui est situé en un lieu bas; état de ce qui est petit; état de ce qui est de moindre valeur :
1. L'enfant (...) ignore qu'il est lord Clancharlie (...). Cela tient à la bassesse de l'âge et à la petitesse de mémoire qu'il avait quand il a été vendu et acheté, étant à peine âgé de deux ans.
HUGO, L'Homme qui rit, t. 3, 1869, p. 7.
2. Dans ce temps-là on ne gagnait pour ainsi dire rien. Les salaires étaient d'une bassesse dont on n'a pas idée. Et pourtant tout le monde bouffait.
PÉGUY, L'Argent, 1913, p. 1103.
3. L'enfer est ce qui est bas, non pas per accidens, mais per se, d'une bassesse essentielle, qui exclut toute capacité à l'ascension et dont la réalité physique ne fait que condenser sous nos pieds l'image.
CLAUDEL, Un Poète regarde la Croix, 1938, p. 230.
Rem. Emploi signalé comme ,,vx`` ou ,,peu usité`` dans Lar. 19e, LITTRÉ, Nouv. Lar. ill., et ROB. GUÉRIN 1892 se borne à mentionner l'emploi; les autres dict. ne le mentionnent pas ou disent que le mot ne s'emploie (plus) qu'au figuré.
Au fig. État d'une personne ou d'une chose qui est à un bas niveau.
1. État d'infériorité, de déchéance, indignité de la nature humaine :
4. ... le Dieu-cause de la philosophie du sens commun aime le monde, s'en occupe, le gouverne; il répond par des bienfaits à nos prières; il peut donc être touché, nous avons dans notre bassesse quelque action sur cette grandeur infinie.
J. SIMON, La Relig. naturelle, 1856, p. 203.
5. Dans ces soirs de splendeur pacifique où l'on souffre
À sentir sa bassesse et sa pauvreté d'homme,
...
On a des mots d'enfant qui pleurent et supplient
Vers ce vaste univers qu'on voudrait croire Dieu.
Ch. GUÉRIN, Le Cœur solitaire, Fenêtres, à M. Magre, 1904, p. 55.
2. [Du point de vue soc.] Bas niveau, infériorité sociale. Bassesse de la naissance :
6. Il est juste de dire que ces esclaves privilégiés [les commandeurs] (...) joignant à la bassesse de leur condition l'insolence de leur autorité, trouvaient un malin plaisir à l'accabler de travail [l'esclave]...
HUGO, Bug-Jargal, 1826, p. 52.
7. « Messieurs les Jurés, l'horreur du mépris, que je croyais pouvoir braver au moment de la mort, me fait prendre la parole. Messieurs, je n'ai point l'honneur d'appartenir à votre classe, vous voyez en moi un paysan qui s'est révolté contre la bassesse de sa fortune. »
STENDHAL, Le Rouge et le Noir, 1830, p. 482.
B.— [Au sens moral]
1. État de ce qui est bas moralement; manque de grandeur.
a) État d'une personne dont le comportement, les pensées, les sentiments sont bas, vils; manque d'élévation dans les sentiments, les pensées, etc. :
8. ... ce qu'il y a de plus étonnant dans les hommes et de plus inépuisable en eux, c'est encore leur bassesse et leur platitude.
SAINTE-BEUVE, Causeries du lundi, t. 2, 1851-62, p. 363.
9. Un fait qui indique la profondeur et la précocité de la corruption de la jeunesse, c'est qu'on en voit qui se réunissent à trois ou quatre pour entretenir, à frais commun, une femme. Cette communauté est le dernier degré de la bassesse.
PROUDHON, La Pornocratie, 1865, p. 247.
10. ... vous n'ignorez pas plus que moi l'égoïsme, la bassesse et la lâcheté de la classe moyenne.
A. FRANCE, La Révolte des anges, 1914, p. 129.
11. Ébloui par le journal de Virginia Woolf (...). Il y a chez elle un mépris de toute bassesse, de toute vulgarité. Quand elle est méchante, elle sait l'être avec hauteur.
GREEN, Journal, 1950-54, p. 228.
[Suivi d'un déterminatif] :
12. ... certes j'attaquais avec violence : 1. Les instituteurs hervéistes; 2. Certains instituteurs qui, à mon avis, — et c'eût été l'avis d'un libre penseur comme M. Renan — apportent dans les questions religieuses une ignorance et une bassesse d'esprit vraiment insupportables.
BARRÈS, Mes cahiers, t. 7, 1908, p. 7.
13. Parlant de mon film [les Enfants terribles] le Herald déclare que la neige de la bataille des boules de neige, la neige de mon enfance, veut dire : cocaïne. Je cite cela comme un chef-d'œuvre du genre, de bassesse d'âme et de niaiserie.
COCTEAU, Essai de critique indirecte, 1932, p. 194.
Vx, coll. Ceux qui ont de la bassesse :
14. ... la conversation [avec le Général de Budberg] nous ayant menés au Roi de France, je trouvai l'occasion naturelle de réfuter le sophisme de la bassesse et de la poltronnerie qui ne cessent de prêcher aux grandes puissances qu'elles le compromettraient en reconnaissant le Roi de France...
J. DE MAISTRE, Correspondance, t. 2, 1796-1821, p. 187.
b) Caractère bas, vil de quelque chose :
15. Jamais il [Étienne] n'avait tant réfléchi, il se demandait pourquoi son dégoût, le lendemain de la furieuse course au travers des fosses; et il n'osait se répondre, des souvenirs le répugnaient, la bassesse des convoitises, la grossièreté des instincts, l'odeur de toute cette misère secouée au vent.
ZOLA, Germinal, 1885, p. 1460.
Spéc. [En parlant du lang., d'une œuvre littér., d'un tableau, etc.] Manque de grandeur, vulgarité :
16. ... Il [Beyle] reprochait aux Flamands et même aux Vénitiens la trivialité des formes et la bassesse de l'expression.
MÉRIMÉE, Portraits hist. et littér., 1870, p. 185.
17. ... comment, dans la bassesse de notre langue, désigner l'ineffable immersion d'une âme en Dieu?
HUYSMANS, En route, t. 1, p. 146.
Au plur. Choses de caractère bas, vil :
18. Oh! Que de bassesses inédites je devine dans la carrière de ce Monsieur [de Lescure] — Rien que par ses bassesses imprimées, ses épîtres de chien couchant au Figaro, qui l'a fouaillé!
E. et J. DE GONCOURT, Journal, 1864, p. 97.
19. ... j'ai peur que ma « conversion » ne soit qu'à demi sincère, qu'elle ne dure qu'un instant et que je retombe dans les bassesses et les platitudes de la vie et du Dieu des bonnes gens. Ce doit être si dur de vivre sans idéal, sans foi et partant sans espérance!
BERNANOS, Lettres inédites, 1905, p. 1730.
2. Action basse, vile, honteuse. Commettre une bassesse. Synon. vilenie :
20. — La suprême loi, c'est la justice. — Quand il seroit prouvé qu'on serviroit les intérêts terrestres d'un peuple par une bassesse ou par une injustice, on seroit également vil ou criminel en la commettant; ...
Mme DE STAËL, De l'Allemagne, t. 4, 1810, p. 298.
21. Eh bien! écoutons un Père de l'église, écoutons Massillon : « Que de bassesses pour parvenir! Il faut paraître, non pas tel qu'on est, mais tel qu'on nous souhaite. »
COURIER, Pamphlets pol., Procès de Paul-Louis Courier, 1821, p. 117.
22. 12 août. Popelin, l'émailleur de faux émaux anciens, vient d'être décoré. Il l'a été par mille petites bassesses : celles que je connais me donnent l'idée de celles que je soupçonne. Mais sa plus belle invention est celle-ci. Un mendiant, pour attendrir l'aumône, pince son enfant pour le faire pleurer; lui, Popelin, a pincé son fils pour qu'il fît rire la princesse.
E. et J. DE GONCOURT, Journal, 1869, p. 535.
Rem. Dans certains cas (cf. ex. suiv.) bassesse possède à la fois le sens signalé sous B 1 et celui signalé sous B 2 (supra) :
23. Au début du siècle passé, les romantiques se frappaient le cœur où ils voyaient le siège du génie. Maintenant, ils se frappent les parties. On se demande jusqu'où et à quelle bassesse descendra le génie.
AYMÉ, Le Confort intellectuel, 1949, p. 206.
Prononc. :[] ou [ba-]. Durée mi-longue sur [] dans BARBEAU-RODHE 1930. BUBEN 1935, p. 63, § 55 note qu'il y a hésitation entre [] post. et [a] ant. dans bassesse, basset, basson. Cf. aussi MART. Comment prononce 1913, p. 35.
Étymol. ET HIST. — 1. Début XIIe s. « partie basse » (Psautier d'Oxford, éd. Fr. Michel, LXII, 9 : il enterrunt ès basseces de la terre; serunt livret ès mains de glaive) — XVIIe s., Pascal dans LITTRÉ; 2. a) ca 1195-1200 « état inférieur » (Roman de Renart, éd. M. Roques, XIV, 14195 : L'an dist bien : de si haut si bas; Et bien sovent de la bassece Remonte l'en bien en hautesce); b) début XVIIe s. « infériorité de condition, caractère roturier » (MONTCHRESTIEN, Les Tragédies, éd. Petit de Julleville, Aman, p. 256 dans IGLF Litt. : La Majesté pompeuse autant que la bassesse Du peuple contemptible est vive à la tristesse); 3. 1633 « grossièreté de style » (CORNEILLE, Mélite, préf. 49, éd. Pierre Lièvre, t. 1, ibid. : ma façon d'écrire étant simple et familière, la lecture [de Mélite] fera prendre mes naïvetés pour des bassesses); 4. 1644-45 « action basse, vile » (CORNEILLE, Rodogune, III, 3 dans LITTRÉ : Celles de ma naissance ont horreur des bassesses); 5. av. 1662 « manque d'élévation des sentiments, dégradation morale » (PASCAL, Pensées, Section VII, « Œuvres Complètes », éd. Brunschvicg dans IGLF Litt. : Bassesse de l'homme, jusques à se soumettre aux bêtes, jusques à les adorer). Dér. de l'adj. bas; suff. -esse; en concurrence avec basseté attesté du début XIIIe s. (RENCLUS DE MOLLIENS, Miserere, éd. van Hamel, 270, 10 dans T.-L.) au début XVIIe s. (1611, COTGR.), et basseur attesté du XIVe s. (J. CORBICHON, Propriet. des choses ds GDF.) au début XVIIe s. (1611, COTGR.).
STAT. — Fréq. abs. littér. :904. Fréq. rel. littér. : XIXe s. : a) 1 549, b) 1 468; XXe s. : a) 1 371, b) 910.

bassesse [bɑsɛs] n. f.
ÉTYM. 1120; de 1. bas.
———
I Vx. Défaut de hauteur, d'élévation.
1 Il y a un certain degré de hauteur et un certain degré de bassesse que le mercure n'outre-passe presque jamais (dans un baromètre).
Pascal, Fragments, III, in Littré.
———
II
1 Vx ou relig. État d'infériorité de la nature humaine, de l'homme déchu. || La bassesse naturelle de l'homme, la bassesse de notre nature. || La bassesse, le néant de l'homme. Faiblesse; animalité, infirmité, misère; abaissement, déchéance.
2 À mesure qu'on a plus de lumière, on découvre plus de grandeur et plus de bassesse dans l'homme.
Pascal, Pensées, VII, 443.
3 Il est dangereux de trop faire voir à l'homme combien il est égal aux bêtes, sans lui montrer sa grandeur. Il est encore dangereux de lui trop faire voir sa grandeur sans sa bassesse.
Pascal, Pensées, VI, 418.
4 Que la fortune ne tente donc pas de nous tirer du néant ni de forcer la bassesse de notre nature (…)
Bossuet, Oraison funèbre de Henriette-Anne d'Angleterre.
5 Ô mort !… Toi seule nous convaincs de notre bassesse, toi seule nous fais connaître notre dignité…
Bossuet, Sermon pour la quatrième semaine de carême, sur la mort.
6 Je sais qu'il (Jésus-Christ) est venu dans le dépouillement et dans la bassesse.
Massillon, Avent, Circoncision.
7 Il y a si loin de la bassesse de nos pensées à l'essence divine (…)
Rousseau, Julie ou la Nouvelle Héloïse, VI, 11.
2 Vx (langue class.). Caractère humble, modeste (sur le plan des hiérarchies et des jugements sociaux). || La bassesse du sang, de la position, du rang social. || La bassesse de sa naissance, de son extraction, de son origine, de sa condition. Médiocrité, obscurité.
8 La bassesse du sang ne va point jusqu'à l'âme (…)
Corneille, Don Sanche, V, 5.
9 Il (le Seigneur) daigne jeter les yeux sur la bassesse de sa servante, la choisir et la combler de dons et de grâces (…)
Massillon, Avent, Conception de la Vierge, in Littré.
10 Dreux, dans le désespoir de la bassesse plus que très crasseuse de sa naissance, ne perdait pas une occasion de s'en venger contre la vérité.
Saint-Simon, Mémoires, 427, 170.
3 Mod. (Littér. ou style soutenu). Manque d'élévation (des sentiments, des pensées…); spécialt, absence de dignité, de fierté, de qualité morale. || La bassesse de qqn, sa bassesse. || Il est d'une bassesse incroyable, ignoble. || Bassesse de l'âme, du cœur, du caractère, des sentiments, des pensées. Abaissement (cit. 3), abjection, avilissement, corruption, crapulerie, dégradation, grossièreté, honte, ignominie, indignité, infamie, lâcheté, laideur, petitesse, platitude, servilité, traîtrise, turpitude, vénalité, vice, vilenie; (par métaphore) bas-fond, boue, déchéance, fange, fond, marais, marécage.La bassesse d'un vil courtisan, d'un adulateur, d'un flagorneur, d'un flatteur, d'un lâche complaisant, d'un intrigant, du fourbe, de l'hypocrite, du faux apôtre, du menteur, du parjure, du traître, d'un envieux, d'un jaloux. || Être envieux, jaloux avec bassesse. || Il s'est vengé, mais sans bassesse.Absolt. || La bassesse. || Pousser la complaisance jusqu'à la bassesse. || Il pousse la bassesse jusqu'à se mettre à plat ventre devant lui (→ Cirer, lécher les bottes). || La bassesse et l'intérêt. || Une âme éloignée de toute bassesse.
11 Un cœur noble ne peut soupçonner en autrui,
La bassesse et la malice
Qu'il ne sent point en lui.
Racine, Esther, III, 9.
12 Le vers se sent toujours des bassesses du cœur.
Boileau, l'Art poétique, IV.
13 La souplesse, la bassesse, l'air admirant, dépendant, rampant (…)
Saint-Simon, Mémoires, 406, 7 .
14 Un misérable à qui on a ôté le nom de scélérat qu'on ne trouvait pas encore assez abject, pour lui donner celui de coquin comme exprimant mieux la bassesse et l'indignité de son âme (…)
Rousseau, Dialogues, I.
15 (…) nos arlequins de toute espèce imitent le beau pour le dégrader, pour le rendre ridicule; ils cherchent dans le sentiment de leur bassesse à s'égaler ce qui vaut mieux qu'eux (…)
Rousseau, Émile, II.
16 (…) Les hommes sont bassesse, ou bien férocité.
Hugo, la Légende des siècles, « Rois et peuples », XX, 11.
17 Petitesse des vanités, bassesse des haines.
Jaurès, Hist. socialiste, t. VI, p. 182.
18 Ce qui nous fait le plus rougir sous nos cheveux grisonnants ou disparus, c'est la bassesse de certains désirs que nous avons eus et dont le souvenir nous écœure.
J. Renard, Journal, 13 mars 1906.
19 (…) il n'y avait pas en lui (Morel) que la bassesse qui le faisait être plat devant la dureté et répondre par l'insolence à la douceur.
Proust, Sodome et Gomorrhe, I, p. 270
20 Cet ennemi des siens, ce cœur dévoré par la haine et par l'avarice, je veux qu'en dépit de sa bassesse vous le preniez en pitié.
F. Mauriac, le Nœud de vipères, Avant-propos.
4 Vx (langue class.). Caractère d'un langage, d'un style bas. || La bassesse d'une expression. Grossièreté, trivialité, vulgarité.
21 Quelle bassesse, ô Ciel ! et d'âme et de langage !
Molière, les Femmes savantes, II, 7.
22 Quoi que vous écriviez, évitez la bassesse (…)
Boileau, l'Art poétique, I.
23 Seuls, dans leurs doctes vers, ils pourront vous apprendre
Par quel art sans bassesse un auteur peut descendre;
Chanter Flore, les champs, Pomone, les vergers (…)
Boileau, l'Art poétique, II.
24 (…) une familiarité (chez Bayle) qui tombe quelquefois dans la bassesse.
Voltaire, le Siècle de Louis XIV, Bayle.
5 Une, des bassesses (vieilli au sing.), action basse qui fait honte. Indignité, lâcheté, trahison. || Faire des bassesses (→ Apprendre, cit. 39). || Rougir d'une bassesse. || Acheter, se procurer un avantage, une faveur par des bassesses, à force de bassesses et d'intrigues. Compromission, courbette, démarche, platitude, vilenie.
25 L'art des bassesses et des souplesses l'avait rétabli en sa première faveur (…)
Saint-Simon, Mémoires, I, 223.
26 Les hommes corrompus n'ont aucune pudeur, et ils sont toujours prêts à toutes sortes de bassesses (…)
Fénelon, Télémaque, XXIV.
27 Il n'y avait point de bassesses que les rois ne fissent pour obtenir le titre d'allié des Romains (…)
Montesquieu, Grandeur et Décadence des Romains, 6.
28 (…) payer de quelque livraison, de quelque trahison, de quelque bassesse une tranquillité précaire.
Ch. Péguy, Notre jeunesse, 17 juil. 1910.
CONTR. Élévation, fierté, générosité, grandeur, noblesse, orgueil, pureté. — Distinction.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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